On arrive à Delhi le dimanche matin. Je dois dire que pour ma part, je n’étais pas très fraîche. La nuit du vendredi avait été plus que courte, et dans l’avion, les lumières sont restées allumées presque tout le voyage. On récupère nos sacs, fait la queue pour l’unique distributeur de sous, et part à la recherche des taxis prépayés. C’est là qu’on commet notre première erreur : comme aucun ne nous donnait le prix indiqué dans le guide, nous sommes allés prendre le bus. Celui-ci ne s’arrêtait pas devant la gare, mais passait pas loin derrière, 500m en théorie.

Sur le trajet, on découvre les travaux que la capitale a lancés à l’occasion des Jeux du Commonwealth, à la rentrée. Ligne de métro, routes, il y a des chantiers partout. Cette impression que la ville vient de sortir d’une guerre, nous l’aurons partout où nous passerons, entre l’état des bâtiments, pas tous à l’abandon, et les gens. Car oui, bien sûr, on s’y attend, l’Inde est un pays pauvre. Mais ça fait quand même un choc quand on passe devant les premières tentes de fortune, les premières personnes  allongées à même le sol. On fixe les poumons, yeux grands ouverts, pour vérifier qu’ils dorment bien.

Lire la suite »

Oui, le premier chapitre de mes carnets indiens se passe en Finlande, et ça n’est pas si incongru que ça. De la même manière que le récit fantasmé de mon voyage raté au Vietnam commençait en Chine, celui-ci débute par une escale à Helsinki volontairement allongée pour sortir de l’aéroport.

Nos trois compagnons de voyage nous ont rejoints le vendredi soir. Nous n’avons pas fait de soirée pyjama, mais avons vainement essayé de dormir tôt : le taxi nous attendait à 4h30 devant l’immeuble. Après ça, tout n’est qu’attente : aller à l’aéroport, poireauter, faire la queue pour les sacs, pour la sécurité, attendre d’embarquer, etc.

Il doit être environ 9h30, heure locale, quand nous arrivons. Un petit tour de l’aéroport histoire de trouver des plans, et c’est parti, on file prendre le bus (le Chauve avait fait des recherches quant à celui qui nous emmènerait en centre ville). De là, nous avons mangé, marché, mangé, marché. On trouve des fruits rouges partout, mais on n’a plutôt essayé de tester des trucs nouveaux genre un machin bizarre appelé Rahkapulla « qui ressemble au cheesecake » (dixit la vendeuse).

Globalement, la ville n’est pas extrêmement intéressante, les grandes étendues de la Scandinavie m’attirent nettement plus. Elle a tout de même le mérite d’être calme. (mais qu’est ce qu’on s’est pelé !)

Je suis rentrée dimanche soir. Je n’ai pas encore eu le temps de m’atteler à grand chose, donc en attendant le carnet de voyage, voici une sélection de photos prises sur place, dans la suite de l’article.

Lire la suite »

Oui, j’aime toujours autant faire des cartes, et j’ai hâte de partir, dans une dizaine de jours. L’itinéraire approximatif est le parcours classique de tous les touristes qui font cette région, on devrait voir de belles choses, des chameaux, des rats et des éléphants mais aucun serpent.

Et tant qu’à commencer le récit à l’avance, il faut que je raconte la formidable aventure des visas. L’ambassade d’Inde a confié la gestion du bordel à une agence par laquelle on est obligé de passer. L’avantage d’habiter Paris, c’est qu’on peut y aller directement, et économiser le cout d’un courrier et la frayeur de voir la poste égarer le précieux passeport. Avec le Chauve, nous sommes donc allés passer un week-end à Nantes, à l’issue duquel nos trois compagnons de voyage ont rempli la paperasse et nous ont laissé leurs passeports.
Le traitement du visa est assez étrange : il faut remplir le formulaire en ligne, l’imprimer et l’apporter sous quinzaine, moitié informatique, moitié papier. Tout le monde m’envoie le pdf généré par le site de l’agence mais forcément, tout le monde n’a pas de photo. C’est pas grave, ça partira par courrier le lendemain. Le Chauve et moi remplissons le formulaire une fois rentrés. C’est là que je vois que tout le monde a fait une erreur sur la manière d’écrire le numéro de téléphone (en 06 xx au lieu de +336), et que « quelqu’un » a rempli un cadre réservé aux demandeurs de visas d’un an. Bon, on ne peut pas nous reprocher d’avoir trop rempli un formulaire ? Je vérifie à la hotline surtaxée tenue par un indien au français plus qu’approximatif (comme pour toutes les hotlines, en fait), ça devrait passer quand même.

Le matin où je dois aller déposer les cinq demandes, je me réveille en sursaut, j’ai oublié de faire remplir un papier au Chauve, le truc spécial étranger (le Chauve n’est pas français, berk). Je relis le tout une dernière fois, cinq formulaires, quatre lettres de procuration et en vérifiant que j’ai tout sur le site, je tombe par hasard sur la check list de la parfaite demande de visa. Et là, hallucine un peu, on n’est pas du tout bon. Là où se trouve un cadre de la taille d’une photo d’identité avec écrit « photo », oui « photo »,  au singulier, il faut en fait coller deux photos d’identité. Arg. Je n’ai pas de photos en double pour tout le monde. Je panique un peu. Sans trop réfléchir, je décolle les photos, déchire à moitié le formaullaire au passage, et les fous sur ma super imprimante scanner premier prix. Une feuille de papier photo, et je fais deux photocopies couleur. Oui, deux, et pour tous le monde, comme ça, on ne verra pas la minable qualité de la photo, sans élément de comparaison. Il faut aussi des photocopies des passeports. Ça, c’est bon, je l’avais fait par sécurité. Et enfin, une photocopie de ma carte d’identité pour aller avec la procuration.

Ça commence mal. J’ai hésité à prendre le temps de tout faire proprement, mais je préfère tester, on verra bien. Pas sure que ça soit la meilleure idée, parce que redemander un visa refusé une première fois, ça veut dire repayer, aussi. Il est 8h15 quand j’arrive devant le batiment. Une grande queue devant le petit bureau du mec qui distribue les numéros et vérifie que les dossiers sont complets. Je poireaute. A 8h30, je vais m’assoir :  comme j’ai plus de quatre passeports, je dois passer avec les agences. J’ai inscrit mon nom sur une feuille volante et j’attends qu’on m’appelle. Sur le moment, j’ai pensé que c’était un bon plan, que ça irait plus vite. Vers 10h, quand tous les gens qui attendaient autour de moi sont déjà repartis, j’ai commencé à comprendre que non, c’est pas un bon plan. Puis des personnes arrivées à 10h passent, et je suis toujours sur ma chaise, à regarder les trois pubs qui passent en boucle, et à regretter de ne pas avoir pris l’archos ou un livre.

Je discute avec un monsieur dans la même situation qui commence à perdre patience. Je lui explique ma théorie : on passe au guichet agences, mais les agences passent avant nous, même s’ils déposent trente passeports et nous cinq. Effectivement, il vérifie : il y a une deuxième feuille, avec les agences, on ne passera que quand il n’y en aura plus. On aurait mieux fait de déposer nos demandes en deux fois. J’aurais pu faire quatre fois la queue au contoir « particuliers » le temps que je puisse enfin passer à celui des « agences ».

Vers midi et demi, ils m’appellent enfin. Les agences de voyage sont en pause déjeuner, sans doute. La femme qui me reçoit tique un peu sur les photos. Je me dis que 4h d’attente pour devoir revenir le lendemain, ça fait mal. Elle demande à son supérieur, selon lui ça passe. Elle vérifie les formulaires. Les erreurs ne la gènent pas, tant mieux. Mais j’apprends qu’il m’en coutera 30€ de plus pour un passeport étranger, soit 50€ de visa et 44€ de frais, sachant que le salaire moyen en inde est inférieur à 2€./jour.. Ils proposent de faire les photocopies et les photos sur place, vendent les guides, et offrent un service suivi de la demande par sms, à 1€50 (qu’on a sur le net), c’est un beau business… (et j’imagine que diffuser/afficher des pubs, doit être sympa, aussi)

Et en plus, ça prend plus longtemps pour les passeports étrangers ! Résultat, je suis allée les chercher en deux fois, mais c’est bon, on les a !