Le week-end était prévu depuis un mois, mais le départ a été plus que difficile. La vielle, j’avais fait 4h de plus en espérant que ça me permettrait de ne pas partir en retard le lendemain, mais bien sûr, ça a loupé. C’est ultra stressée que je suis partie, en courant, prendre le métro. J’ai retrouvé le Chauve sur le quai de la station d’arrivée. Nous avions un peu d’avance, mais pas autant que prévu, et, logiquement, on a passé un temps fou à chercher cette satanée gare routière. L’adresse ne correspondait à rien… On a fini par demander : c’était simple, mais mal indiqué, l’entrée se fait par le métro. On court, il ne reste que cinq minutes. On cherche le bon bus pendant quelques instants puis on se glisse dans la file. Devant nous, un couple doit annuler son voyage parce que le jeune homme a oublié sa carte d’identité. Impossible de monter à bord sans. On vérifie nos poches.

Le papier « à remettre au chauffeur » ne suffit pas, il faut un bout de carton. On court le chercher. Un seul t-shirt de rechange, je ne pensais pas que ça serait juste… On monte les derniers dans le bus. Il n’y avait finalement pas lieu de stresser, ils ne partent pas vraiment à l’heure. Toutes les places libres sont à côté de quelqu’un. Je demande à un quadragénaire s’il attend un ami, il me répond que oui. Je demande à un jeune homme, il accepte de changer de place pour que je puisse être à côté du Chauve. Le vieux n’attend plus personne quand il s’agit d’avoir à côté de lui un jeune garçon… Je déteste les gens qui arrivent en retard au ciné et font décaler la rangée pour être assis ensemble. Mais là, nous n’arrivons que le lendemain midi, je ne me voyais pas dormir sur quelqu’un que je ne connais pas.

Le bus part. Il est 19h, week-end de trois jours, ça veut dire bouchons. Vers 20h30, je pointe la fenêtre au Chauve « hé, mais c’est la BNF ? ». Nous mettrons plus de 2h à enfin commencer à rouler. Un vieux bizarre se fait engueuler par le co-chauffeur parce qu’il bouffe un kebab. Un peu plus tard, il fait prendre en train de fumer. Même avec des adultes, rien ne change : ceux qui veulent foutre la merde se cachent au fond. Je commence à me dire que la nuit va être longue. On avale les sandwichs préparés le matin sur une aire d’autoroute. Il est 22h30, on repart et les chauffeurs mettent un film : un truc de guerre en italien, sous-titré en portugais (mais on était trop loin pour lire). On s’endort sur un fond de mitraillettes et de musique militaire (vous savez, ces trucs mélodieux pas répétitifs..).

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Et cette fois-ci, au lieu de trouver Charlie, trouvez King Kong.

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Après une nuit trop courte à notre goût, nous arrivons dans la capitale mongole. Au milieu des guest-houses proposant leurs services, notre guide nous attend. Le hasard fait qu’au lieu d’un mongol anglophone, nous serons accompagnés par une jeune française expatriée, et ça n’en rendra le voyage que plus agréable. En effet, non seulement communiquer dans sa langue natale est beaucoup plus aisé, mais en plus, elle s’est révélée être une véritable mine d’informations.

Nous grimpons dans la voiture, direction notre logement. Doucia, retraitée vivant avec son petit-fils nous accueillera pour nos deux nuits sur place mais n’aime pas les photos. Elle ne parle pas anglais, mais avec quelques mots de russe et des gestes, on s’en sort. Une fois nos affaires posées, on repart, direction un café/boulangerie pour un petit déjeuner français amusant. On découvre ainsi que la communauté française de la ville est assez importante, et surtout, que tous se connaissent. Après ce léger « retour aux sources », nous repartons à l’attaque de la ville. J’avais repéré le monastère de Gandan (que tous les touristes visitent) et le musée d’histoire naturelle. Nous commençons donc par plonger dans le bouddhisme. Et au lieu des animaux empaillés, nous allons au musée des beaux arts, intéressant pour découvrir l’histoire de la ville. Nous allons également à l’expo d’une artiste contemporaine qui n’est pas très à mon goût pour finir la journée dans un bar mongol. La journée passe vite, mais donne un bon aperçu de la ville : gens souriants mais grande pauvreté, des centaines de personnes passent leur journée dehors à vendre des cigarettes, à cirer des chaussures ou à louer un téléphone.



Le lendemain, nous tentons d’avaler tant bien que mal un petit déjeuné à base de saucisse avant de repartir pour la gare : on reprend déjà le train, mais en sens inverse et pour une centaine de km seulement. Nous descendons dans une petite ville de 3000 habitant au nord de la capitale, au cœur de la région de Batsumber. Ici, le jeune Boldo nous attend pour nous emmener dans sa famille. Une heure et demi de carriole/marche plus tard, nous arrivons.

Ils vivent à trois mais l’oncle est venu leur rendre visite. Ils ont trois enfants, les deux ainés sont partis, l’un est médecin, l’autre institutrice. Le dernier attend de pouvoir faire des études à son tour. Ils sont en campement d’hiver, mais extrêmement bien installés : barrière, entrée, toilettes (trou avec quatre murs).

Dès notre arrivée, on nous offre du thé au lait salé. Le nom peut paraitre bizarre, et j’étais la première à ne pas être tentée, mais c’est plutôt pas mauvais, voir même très bon avec les gâteaux qu’ils trempent dedans.

Nous avons bien choisi notre mois : en plein pendant les naissances ! Les petites chèvres et petits moutons sont une attraction à eux seuls, et occupent sans aucun problème une bonne partie de la journée. En plus de ça, ils ont également des chevaux et des vaches, ça se prend pas dans les bras, mais ça reste chou.

Le soir, après une partie d’un jeu de cartes dont on met un bout de temps à comprendre les règles, tout le monde s’endort sous la même yourte. Il faut dire qu’à l’intérieur, c’est bien plus grand qu’on le pense, et en plus, c’est bien organisé.

Le lendemain, nous avons un coup de chance génial : c’est le jour de la récolte du cashmere. Une famille d’éleveurs voisins (entendez, plusieurs kilomètres quand même!) vient aider : 80 chèvres, 2 passages chacune et le tout à faire dans la journée… pour 18 kilos de cashmere au final.

Une deuxième nuit et la fin de la batterie de mon portable (Boldo trouvant les jeux nettement plus amusants que moi) et nous repartons vers la gare pour une journée « découverte des transports en mongolie » : 1h30 de carriole, 2h de train et 2 bonnes heures de voiture. Long. On est dans la région de Sergelen, au sud de la capitale cette fois ci. On ne voit ni arbre, ni yourte ni village à l’horizon.

La famille qui nous accueille a un fonctionnement différent : ils ont des voisins et travaillent ensemble. Les deux familles se partagent ainsi les taches. Plutôt bienvenus car nos hôtes n’ont plus d’enfants pour les aider (les six travaillent, seul le mari de l’une des filles, au chômage, vient filer un coup de main quand il s’ennuie) et les voisins ont des enfants qui vont encore à l’école. Cette fois-ci, nous avons une yourte pour nous, façon hôtel moult étoiles.

Nettoyage du puis :

Les deux jours passent vite, beaucoup trop. Nous repartons bientôt pour Ulan Bator. Sur la route du retour, nous faisons halte au monastère de Manchir, enfin, ce qu’il en reste.

Une douche méritée (ben ouais, ils n’ont pas l’eau courante dans les yourtes..), un dernier diner avec notre guide, une dernière nuit chez Doucia, et nous retournons à la gare. Le lendemain, nous serons en chine. (dans l’après-midi, nous avons assisté à un « concours de la chanson française » où des étudiants mongols chantent (avec chorégraphies, choristes, etc.) des chansons française pour gagner un voyage à Paris, vraiment drôle)

NB : les photos ne sont pas retouchées, le ciel est bien bleu comme ça en vrai !

[ à suivre... ]